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Tous les staffs médicaux s’accordent sur : du stress lié à la pression du résultat, aux tracas de la vie quotidienne, ces «facteurs invisibles» peuvent peser lourd dans l’occurrence des blessures chez certains joueurs.Besoin d'un préparateur mental ???

Stress, soucis personnels, femme enceinte... Et si l'environnement personnel des joueurs était finalement la principale cause des blessures?


 Pour endiguer leur accumulation, l'UEFA et le monde professionnel investissent le champ des facteurs psychologiques.

Il se cache parfois bien des choses derrière une lésion aux ischio-jambiers ou une déchirure aux adducteurs. Plus, en tout cas, qu’un simple tacle en retard, une course mal maîtrisée ou un surentraînement. Ces «choses» secrètes, intimes, qui se dérobent au savoir des techniciens et se confient sur la table des kinés, le football moderne ne peut plus les ignorer, et cela même s’il ne voit à cette prise de conscience qu’un évident avantage financier.

«Tout ce qui est relatif au psychologique est compliqué parce qu’on touche au tabou, avance Emmanuel Orhant, le médecin de l’OL. Dans le monde sportif, cela n’entre pas en considération pour la performance du joueur. Or, il faut y penser, c’est indéniable. Pour ma part, je suis convaincu que dans 100% des cas de blessure, on peut trouver un facteur psychologique.» Au sein de l’UEFA, c’est même devenu l'un des chantiers prioritaires du bureau d’étude co-dirigé par le professeur Jan Ekstrand, vice-président de la Commission médicale de l’UEFA.
Parce que «oui, ajoute ce dernier, les facteurs psychologiques des blessures sont sous-estimés et pas encore vraiment pris au sérieux dans de nombreux clubs».

Un joueur du PSG se blessait à la veille de chaque convocation en sélection

Si le problème, n’ayant rien de scientifique et de tangible par essence, ne se mesure pas encore avec des données chiffrées, tous les staffs médicaux s’accordent sur son étendue : du stress lié à la pression du résultat, aux tracas de la vie quotidienne, ces «facteurs invisibles» peuvent peser lourd dans l’occurrence des blessures chez certains joueurs. «Il est évident que des facteurs psychologiques jouent, confirme le Dr Alain Simon, ex-médecin du PSG et de l’équipe de France. Ce n’est pas un hasard si certains joueurs se blessent de façon récurrente, qu’il s’agisse de blessures musculaires ou articulaires. Le stress intervient. Je me rappelle d’un joueur du PSG qui, à chaque fois qu’il allait être appelé en sélection, se blessait la veille à l’entraînement. Et un autre aussi, avant chaque match, comme par hasard il avait mal aux ischios. Le stress de la compétition, de l’enjeu, et le stress de la vie personnelle jouent.»

Exemple médiatisé le plus récent de ce problème? Franck Ribéry et son infernale lésion à la cheville droite, qui fait elle-même suite à une blessure au dos (synonyme de forfait pour la Coupe du monde 2014) et à une tendinite au genou droit... Son ancien coach au Bayern Munich, Ottmar Hitzfeld, a livré il y a peu son analyse du «mystère de la Bavière»: «Avec la désillusion de sa troisième place au Ballon d’or (en janvier 2014), il a psychologiquement plongé. Lorsqu’il n’a pas le moral, cela se répercute irrémédiablement sur son physique.»

«Qui, dans n'importe quel boulot, peut être performant quand il a sa femme chez lui qui pleure tout le temps?»

Une corrélation que les staffs médicaux établissent de plus en plus souvent. Comme il y a quatre ans, à Lyon, où Emmanuel Orhant et ses collègues kinés constatèrent une avalanche de blessures chez les joueurs qui venaient de recevoir leur première pré-convocation en sélection. «Le chirurgien avec qui je travaille sur Lyon avait, lui, remarqué que dans plus de 50% des cas d’entorse grave à la cheville ou de genou opéré, la femme du joueur était enceinte. On a ça à chaque fois, des petits marqueurs sur les blessures. Sur une des dernières blessures musculaires qu’on a eues, peu de temps avant, la compagne du joueur a connu de sérieux soucis familiaux. Or, il se blesse alors qu’il n’était pas en surmenage et qu’il n’enchaînait pas les matches. Finalement, on se rend compte que ce joueur souffrait de troubles du sommeil parce qu’il stressait pour les siens.» Le poids de la famille pèse encore plus lourd chez les «déracinés», qu’ils s’agissent de jeunes sortis d’un centre de formation éloigné ou de joueurs étrangers.

Dans certains grands clubs, une structure dédiée à leur accueil et leur prise en charge est mise en place: papiers, cours de langue, scolarisation, domiciliation… «Dans d’autres clubs, rien de tout ça n’est proposé, et on dit plutôt que les joueurs devraient être heureux et fiers de porter leurs couleurs parce que ce sont des grands clubs, relève Ekstrand. Ou alors ils disent que leurs joueurs sont si bien payés qu’ils peuvent bien prendre soin d’eux tous seuls. Dans ces cas-là, les familles sont totalement isolées. La question est de savoir: qui, dans n’importe quel boulot que ce soit, peut être performant quand il a sa femme chez lui qui pleure tout le temps?
"Tout ne tourne pas autour de la vie sur le terrain, il y a également la vie en dehors du terrain à prendre en compte."
 Il n’y a qu’à voir le nombre de joueurs qui se blessent dans les six mois qui suivent leur transfert: Radamel Falcao à Monaco, Djibril Cissé à Liverpool, Jean-Pierre Papin au Bayern Munich, Lucho Gonzalez à l'OM, Max-Alain Gradel à Bournemouth, Thomas Vermaelen à Barcelone...

Parce qu’une blessure d’un joueur titulaire peut coûter très cher à un club (à titre d’exemple, le président du Chakhtar Donetsk avait évalué cette perte à 600.000 euros mensuel), les clubs doivent donc miser sur la prévention. «Le meilleur remède reste la discussion, avance Alain Simon. La solution alors, c’est soit du repos, soit un rendez-vous avec un psy. Il n’y a pas de médicament à leur donner, parce que les anti-stress fatiguent et la performance s’en ressentira.» Le contact se noue facilement avec les kinés, durant la demi-heure de massage quotidienne, et ce dernier remonte souvent l’information au médecin–chef. Mais là, ce dernier se trouve confronté à un dilemme : «Ce qui est compliqué, c’est qu’on ne peut pas toujours transmettre ces informations à l’entraîneur, explique Emmanuel Orhant. On est dans le secret professionnel. Soit cela pourrait porter préjudice au joueur, qui peut craindre une mise à l’écart et nous en vouloir; soit si on ne le dit pas, le joueur peut ne pas être bon, et ce sera un peu à cause de nous. On est entre deux feux. Généralement, on arrive à prendre la décision avec le joueur, et on assume tous d’avoir transmis ou ne pas avoir transmis.»

«Le psy, le préparateur mental c'est une personne supplémentaire entre le joueur et l'entraîneur. Et ça, les coaches n'aiment pas trop.»

Reste, en dernier recours, l’appel à un psy. Les clubs en ont un à disposition pour les jeunes du centre de formation. Chez les pros, cela se fait à l’avenant, sur suggestion du médecin ou sollicitation du joueur. «C’est plus compliqué car c’est culturel: les joueurs ont du mal à admettre qu’ils ont besoin de se faire aider. Le psy, c’est une personne supplémentaire entre le joueur et l’entraîneur. Et ça, les coaches n’aiment pas trop, car on a une perte d’information. Une personne qui s’interpose entre le joueur et son coach, notamment s’ils sont en conflit, cela peut poser souci.» Dans ce domaine donc, tout le monde tatonne encore, et les effets à long terme de cette difficile prise en compte se font de plus en plus sentir.

Mardi dernier, la FIFPro, le syndicat des joueurs professionnels, a rendu publique une large étude sur la santé mentale des joueurs. Dans onze pays, près de 900 joueurs et anciens joueurs ont rempli des questionnaires, dont les résultats confirment un mal-être réel: 38% des joueurs actifs et 35% des anciens joueurs ont ainsi indiqué souffrir de symptômes dépressifs ou d’anxiété. En quête de bourses scientifiques pour développer des programmes de soutien psychologique, le professeur de l’Academisch Medisch Centrum d’Amsterdam, Vincent Gouttebarge, appelle à une sensibilisation plus générale: «La première étude, menée en 2013, nous avait un peu surpris. Cette seconde enquête la confirme: non, la vie d’un footballeur professionnel n’est pas que rose, il y a des problèmes peu visibles à régler.» Un terrain encore trop peu familier, mais que les clubs de l’élite n’ont plus d’autre choix que d’apprivoiser.

Didier ROMAIN, Perfoptimum

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